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Et si nous arrêtions de vouloir sans cesse nous réparer ?

il y a 4 jours
9 min de lecture

Il y a quelque chose qui m'interpelle depuis longtemps dans notre manière d'aborder le développement personnel et la spiritualité : cette conviction que nous aurions toujours quelque chose à réparer en nous.


Une blessure à guérir, une peur à dépasser, un schéma à comprendre, un blocage à lever. À peine avons-nous identifié une difficulté qu'une autre apparaît, comme si nous étions condamnés à passer notre existence à chercher ce qui ne va pas.


Et si nous faisions fausse route ?


Je ne remets pas en question la réalité de la souffrance, ni l'importance de comprendre ce que nous avons vécu. Mais je m'interroge sur cette habitude que nous avons prise de nous regarder presque exclusivement à travers nos blessures.

À force de vouloir guérir la personne que nous sommes devenus, ne risquons-nous pas d'oublier ce que nous sommes profondément ?


Cette obsession de vouloir guérir toutes nos blessures


Depuis quelques décennies, nous avons appris à analyser nos comportements à travers le prisme de nos blessures émotionnelles.


L'abandon, le rejet, la trahison, l'injustice, l'humiliation… Ces mots sont devenus familiers. Ils permettent parfois de mettre en lumière des mécanismes que nous ne comprenions pas, mais je constate aussi combien cette recherche peut devenir interminable.


Nous explorons notre enfance, nos relations, notre histoire familiale. Nous cherchons à comprendre pourquoi nous réagissons de telle manière, pourquoi certaines situations nous bouleversent, pourquoi nous reproduisons certains comportements.

Et lorsque nous pensons avoir enfin compris, une nouvelle difficulté nous ramène à une autre blessure supposée et nous recommençons.


Je me demande parfois si cette manière de fonctionner ne finit pas par entretenir ce dont nous cherchons précisément à nous libérer.

Car plus nous accordons de place à nos blessures, plus elles occupent notre conscience.


Nous finissons par les intégrer à notre identité et nous ne disons plus simplement que nous avons vécu un abandon, nous nous définissons comme une personne abandonnée. Nous ne reconnaissons plus seulement une peur passagère : nous devenons quelqu'un qui a peur, et progressivement, toute notre existence semble devoir s'expliquer par ce passé.


Mais sommes-nous réellement la somme de nos blessures ?



Nous confondons notre histoire avec notre véritable nature


C'est ici que la vision gnostique apporte, à mes yeux, un éclairage essentiel.

Nous avons tendance à considérer notre personnalité comme l'expression de notre être tout entier, pourtant, ce que nous appelons communément « moi » s'est construit au fil des années, à travers notre éducation, notre environnement, nos expériences et nos relations.


Cette personnalité appartient à notre dimension psychique, elle possède ses souvenirs, ses peurs, ses désirs, ses attachements et ses mécanismes de défense. Elle peut souffrir, se sentir rejetée, manquer de confiance ou chercher désespérément à être reconnue.


Mais la gnose nous invite à envisager une autre réalité.


Au-delà de cette dimension psychique existe une dimension spirituelle, que certains courants gnostiques désignent comme l'étincelle divine.

Cette distinction me paraît fondamentale.


Notre psyché peut être blessée, mais notre essence divine, elle, ne porte pas ces blessures.


Elle ne s'est pas construite à travers notre enfance, elle ne dépend pas du regard de nos parents, de nos réussites professionnelles ou de nos histoires sentimentales.

Elle n'est pas devenue moins lumineuse parce que nous avons souffert et surtout, elle n'attend pas que nous ayons résolu tous nos problèmes pour exister.


C'est une perspective qui change profondément notre manière d'envisager le chemin intérieur.



Pourquoi cherchons-nous toujours ce qui ne va pas ?


Observez la manière dont nous nous parlons intérieurement.


Nous remarquons facilement nos défauts, nos maladresses, nos réactions excessives. Nous savons identifier ce qui nous manque, ce que nous aurions dû faire autrement, ce que nous devons encore améliorer.

En revanche, combien de temps consacrons-nous à reconnaître ce qui, en nous, est déjà paisible, juste et lumineux ?


Nous sommes devenus particulièrement habiles à repérer nos zones d'ombre.

Il suffit d'une émotion désagréable pour que nous cherchions immédiatement son origine. Pourquoi suis-je triste ? Pourquoi ai-je peur ? Quelle blessure vient de se réactiver ?

Parfois, cette recherche est nécessaire.

Mais parfois aussi, nous pourrions simplement reconnaître que nous traversons une émotion humaine, sans transformer chaque ressenti en un nouveau problème à résoudre.


Je crois que nous avons fini par confondre connaissance de soi et analyse permanente de notre souffrance.

Or, dans la perspective gnostique, se connaître ne consiste pas uniquement à comprendre les mécanismes de sa personnalité.

C'est aussi, et peut-être surtout, reconnaître ce qui existe au-delà d'elle.


Nous pouvons passer notre vie à étudier notre psyché sans jamais rencontrer véritablement notre dimension spirituelle.



Et si notre part divine n'avait rien à guérir ?


Cette question mérite, je crois, que nous nous y arrêtions.


Nous cherchons souvent à devenir une meilleure version de nous-mêmes, plus confiant, plus serein, plus aimant, plus équilibré.

Nous imaginons qu'au terme de ce travail, nous atteindrons enfin un état de paix durable.

Mais cette logique repose sur une idée : nous serions actuellement incomplets et il nous faudrait acquérir quelque chose pour devenir pleinement nous-mêmes.


La gnose propose une autre direction.

Elle nous invite à reconnaître une dimension de notre être qui ne relève pas de cette recherche d'amélioration.


Cette étincelle divine, issue du Plérôme dans plusieurs traditions gnostiques, participe d'une réalité spirituelle qui dépasse les conditionnements du monde matériel.

Elle n'a pas besoin d'être perfectionnée, elle n'est ni meilleure lorsque nous réussissons, ni moins pure lorsque nous échouons.


Nous pouvons l'oublier, vivre sans en avoir conscience, nous identifier entièrement à notre personnalité, mais cela ne signifie pas qu'elle ait disparu.


Alors pourquoi consacrer toute notre attention à ce qui est blessé, sans jamais nous tourner vers ce qui ne l'est pas ?

Je ne prétends pas qu'il suffise de prendre conscience de notre nature spirituelle pour que toutes nos difficultés s'évanouissent.

Notre existence humaine continue avec ses contraintes, ses émotions et parfois ses épreuves, mais nous pouvons cesser de croire que ces expériences constituent la totalité de notre être.

Et cette différence est considérable.



Se reconnecter à sa lumière intérieure : un autre chemin


Lorsque je parle de reconnexion à notre part divine, je ne parle pas de pensée positive ni de cette injonction moderne qui voudrait que nous soyons heureux en permanence.

Il ne s'agit pas de se répéter que tout va bien lorsque ce n'est pas le cas, il ne s'agit pas davantage de nier une souffrance ou de faire semblant d'avoir dépassé une difficulté.


La reconnexion intérieure commence, selon moi, lorsque nous acceptons de ne plus accorder à notre personnalité toute la place.


  • Nous pouvons éprouver de la peur sans considérer que cette peur nous définit.

  • Nous pouvons traverser une séparation douloureuse sans croire que notre valeur dépend de l'amour que l'autre nous porte.

  • Nous pouvons rencontrer un échec sans en conclure que nous sommes incapables.


Ce sont des expériences de notre vie humaine, elles ont leur importance, mais elles ne disent pas tout de nous.


Se reconnecter à notre part divine, c'est apprendre à déplacer notre attention.

Au lieu de nous demander continuellement ce qui est défaillant, nous commençons à nous intéresser à cette présence intérieure qui n'a rien à démontrer.


Cela demande parfois du silence, de l'intériorité, et surtout une certaine disponibilité,

car nous sommes tellement habitués à chercher des réponses dans nos pensées que nous avons du mal à concevoir une connaissance qui ne passerait pas uniquement par le mental.

Pourtant, c'est précisément ce déplacement que nous invite à accomplir la démarche gnostique : passer d'une connaissance intellectuelle de notre personnalité à une reconnaissance intérieure de notre origine spirituelle.



Reconnaître ses blessures sans s'y enfermer


Je tiens à apporter une précision importante, il serait absurde, et parfois même cruel, de dire à une personne profondément blessée qu'elle n'a qu'à se reconnecter à sa lumière pour aller mieux.


En effet, certaines souffrances nécessitent du temps, une écoute attentive et parfois un accompagnement psychologique ou médical.

La spiritualité ne doit jamais devenir une manière de nier la réalité de la souffrance humaine, mais il existe une différence entre prendre soin d'une blessure et construire toute son identité autour d'elle.


Une personne qui a été abandonnée n'est pas condamnée à vivre éternellement dans la peur de l'abandon, tout comme une personne qui a été rejetée n'est pas uniquement cet être qui cherche à être accepté.

Son histoire a pu façonner certains de ses comportements. Elle n'a pas pour autant défini la totalité de ce qu'elle est.


Une blessure fait partie de notre histoire, mais elle n'est pas notre identité profonde.

Cette phrase me semble essentielle.

Nous avons le droit de reconnaître nos souffrances sans leur donner le pouvoir de raconter toute notre existence.

Et nous avons aussi le droit d'aller bien sans avoir préalablement analysé chaque événement de notre passé.



Cesser de vouloir devenir quelqu'un d'autre


Il y a une contradiction que je trouve assez frappante dans certaines démarches de développement personnel, en effet, on nous encourage à nous accepter tels que nous sommes, tout en nous proposant continuellement de devenir une version améliorée de nous-mêmes.


Il faudrait être plus ceci, moins cela, apprendre à lâcher prise, maîtriser nos émotions, développer notre confiance, élever notre vibration, finalement, nous retrouvons dans la spiritualité les mêmes exigences de performance que dans le reste de notre société.

Même notre paix intérieure devient un objectif à atteindre.


Et si nous cessions, pour une fois, de nous imposer une transformation supplémentaire ?

Si nous arrêtions de considérer chaque émotion comme un obstacle à notre évolution ?

Si nous acceptions que notre personnalité soit parfois maladroite, inquiète ou contradictoire, sans y voir la preuve d'un échec spirituel ?


La reconnexion à notre essence divine n'exige pas que nous devenions des êtres humains irréprochables, elle nous invite plutôt à ne plus confondre notre nature profonde avec les mouvements de notre psyché.


Cela ne signifie pas renoncer à évoluer, ni nous dispenser de prendre nos responsabilités, cela signifie simplement que notre valeur spirituelle ne dépend pas de notre capacité à atteindre une perfection psychologique.

Et cette idée, à elle seule, peut changer beaucoup de choses.



Apprendre à vivre depuis cette présence intérieure


Comment cette compréhension peut-elle trouver sa place dans notre quotidien ?

Peut-être en commençant par modifier la manière dont nous accueillons ce que nous vivons.


  • Lorsque surgit une inquiétude, nous pouvons la reconnaître sans immédiatement chercher quelle blessure elle révèle.

  • Lorsque nous nous sentons rejetés, nous pouvons observer cette réaction sans lui laisser définir notre valeur.

  • Lorsque nous traversons une période difficile, nous pouvons prendre soin de notre humanité tout en nous rappelant qu'elle ne constitue pas toute notre identité.


Il ne s'agit pas d'un exercice destiné à supprimer nos émotions, il s'agit d'une autre manière de nous situer intérieurement.


Nous pouvons continuer à vivre, aimer, travailler, nous tromper et recommencer, sans faire de chaque expérience un jugement sur ce que nous sommes.


La présence divine n'est pas quelque chose que nous devons fabriquer.

Dans la vision spirituelle que je partage, elle est déjà là, même lorsque nous n'en avons pas conscience.


La difficulté n'est donc pas de la rendre parfaite, mais d'apprendre à la reconnaître.

Et peut-être, progressivement, à lui accorder davantage de place dans notre manière de vivre.



Et si nous regardions enfin ce qui est lumineux en nous ?



J'aimerais que nous nous posions plus souvent cette question : pourquoi accordons-nous tant d'importance à ce qui nous manque et si peu à ce qui est déjà présent ?

Nous avons appris à explorer nos blessures avec une précision parfois remarquable.

Nous connaissons nos peurs, nos fragilités, nos schémas répétitifs. Nous pouvons raconter notre histoire, expliquer nos réactions, identifier les événements qui nous ont marqués.


Mais savons-nous encore nous tourner vers ce qui, en nous, ne dépend pas de cette histoire ?

Je crois que nous gagnerions à rééquilibrer notre regard.


  • À ne plus consacrer toute notre énergie à réparer notre personnalité, comme si notre existence devait rester suspendue jusqu'à sa guérison complète.

  • À retrouver le goût d'une intériorité qui ne soit pas uniquement consacrée à nos difficultés.

  • À découvrir que notre dimension spirituelle ne se mesure pas à la quantité de blessures que nous avons réussi à dépasser.


Nous sommes des êtres humains, avec tout ce que cela comporte d'imperfections, de contradictions et de souffrances, mais dans la perspective gnostique, nous ne sommes pas seulement cela, et

c'est précisément cette autre dimension que nous avons si souvent oubliée.



Le véritable chemin n'est peut-être pas celui que nous imaginions


Je ne crois pas que nous soyons venus dans ce monde pour passer notre existence à réparer indéfiniment notre personnalité.

Je crois en revanche que nous pouvons apprendre à mieux comprendre notre fonctionnement, à prendre soin de nos blessures lorsqu'elles le nécessitent, sans faire de cette démarche le centre de toute notre vie intérieure.

La gnose nous ouvre une autre perspective : celle de la reconnaissance de notre origine divine.

Il ne s'agit plus seulement de savoir pourquoi nous souffrons, mais de nous interroger sur ce que nous sommes au-delà de cette souffrance.

Cette recherche ne nous éloigne pas nécessairement de notre vie quotidienne. Elle peut, au contraire, transformer la manière dont nous la traversons.

Nous n'avons pas besoin d'attendre d'être entièrement guéris pour commencer à vivre.

Nous n'avons pas à résoudre toutes nos contradictions avant de nous ouvrir à notre dimension spirituelle.

Et nous n'avons certainement pas à devenir parfaits pour reconnaître la lumière divine.


Alors, et si nous arrêtions de chercher continuellement ce qui ne va pas en nous ?

Et si nous cessions de considérer notre psyché blessée comme la seule réalité digne de notre attention ?


Peut-être est-il temps de tourner notre regard vers cette part de nous qui n'a jamais été abîmée par notre histoire.


Non pour oublier ce que nous avons vécu, mais pour ne plus nous y réduire, car finalement, la question la plus importante n'est peut-être pas :

« Que me reste-t-il encore à guérir ? »

Mais plutôt :

« Qui suis-je réellement, au-delà de tout ce que j'ai vécu ? »

Et c'est peut-être là que commence la véritable connaissance de soi.


Pascale de Tol


Si cette réflexion fait écho à votre propre cheminement, je vous propose de découvrir mes accompagnements pour vous reconnecter à votre présence intérieure.




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